Marquage & technique
Sep 18, 2026

Sérigraphie, broderie, gravure laser, transfert : quelle technique de marquage pour quel objet

Le devis dit « marquage 1 couleur », le bon à tirer montre un logo bien centré, et l'objet arrive raté. Rien n'était faux : la technique n'était pas la bonne pour cet objet-là.

Yanis FUSS
Sérigraphie, broderie, gravure laser, transfert : quelle technique de marquage pour quel objet

Le devis dit « marquage 1 couleur ». Le bon à tirer montre un logo bien centré. Et l'objet arrive : le bleu de la charte est devenu gris sur la gourde, le texte est illisible sur le stylo, le sweat a craquelé au premier lavage. Rien n'était faux sur le devis. La technique n'était pas la bonne pour cet objet-là.

Il existe 7 façons de poser un logo sur un objet, et aucune ne fait tout. Chacune aime un matériau, une forme, un nombre de couleurs, une quantité. Le choix se fait avant la commande, sur 4 critères que vous pouvez vérifier vous-même : la matière de l'objet, votre logo, la quantité, l'usage. Voici notre grille de lecture, et la check-list qui va avec.

1. Le tableau : sur quel matériau, quelle technique

Commencez par l'objet, pas par la technique. La matière décide de presque tout.

Matériau (exemples)Ce qu'on fait le plus souventPour un logo en couleursCe qui ne marche pas
Inox nu (bouteille isotherme, mug, couteau)Gravure laser : ton sur ton, ne part jamaisSérigraphie sur le cylindre, ou impression UVSublimation (il faut un revêtement), broderie
Aluminium anodisé (stylo métal, lampe torche)Gravure laser : le trait ressort clair sous la couleurTampographie, 1 à 2 couleursUn logo multicolore sur 30 mm de large
Verre (verre, carafe, trophée)Gravure laser : rendu mat, blancSérigraphieTransfert, marquage à chaud
Céramique (mug, tasse)Sérigraphie ou décalcomanie cuiteSublimation, si le mug a un revêtement polymèreGravure laser (aucun contraste sur l'émail)
Plastique (stylo, clé USB, power bank)Tampographie : les surfaces courbes et les petites zonesImpression UV en quadri sur les zones platesBroderie, sublimation. Le laser dépend du plastique
Bois, bambou, liègeGravure laser : brun sur clairTampographie ou impression UVSérigraphie sur une surface irrégulière
Cuir et simili (carnet, sacoche, porte-cartes)Marquage à chaud : à sec ou doréSérigraphie sur un simili lisseLe laser sur certains similis (le fournisseur tranche)
Papier, carton (carnet, coffret)Marquage à chaud, gaufrageImpression quadri, sérigraphieGravure laser (brûle et jaunit)
Textile coton (t-shirt, sweat, tote bag)Sérigraphie, broderieTransfert DTFSublimation (polyester uniquement)
Textile polyester (maillot, lanyard, serviette)Sublimation, dans la fibre, sur toute la surfaceSublimation, transfertBroderie sur un maillot fin

Pour le textile, le détail (grammage, fil, emplacement, entretien) est dans notre guide du textile personnalisé. Ici, on parle de tout le reste.

2. Les 7 techniques, et ce que chacune refuse

Il y a 2 familles. Ce qui pose de la matière dessus : une encre, un fil, un film. Ce qui entre dans la matière : le laser, la sublimation. La première a des couleurs et s'use là où la main frotte. La seconde n'a qu'une couleur, celle de l'objet, et ne s'use pas.

Posé dessus ou pris dedans : les 2 familles de marquage. L'une a des couleurs et s'use, l'autre a la couleur de la matière et reste.
Posé dessus ou pris dedans : les 2 familles de marquage. L'une a des couleurs et s'use, l'autre a la couleur de la matière et reste.

Sérigraphie
De l'encre poussée à travers un tissu tendu sur un cadre, l'écran. Un écran par couleur, et c'est le maillage du tissu qui fixe la finesse du trait (Sefar, qui les fabrique : la qualité d'impression commence par le choix du maillage). Elle aime les aplats nets et les volumes : tote bags, t-shirts, tasses. Sur un cylindre, la sérigraphie « 360 » fait le tour d'une gourde. Elle refuse les photos, les dégradés fins et les petites séries : les écrans se paient, que vous fassiez 30 pièces ou 3 000.

Tampographie
Un cliché gravé, un tampon en silicone qui prend l'encre dessus et la dépose sur l'objet. Le tampon épouse la forme : c'est la technique des stylos, des clés USB, des porte-clés, de tout ce qui est courbe ou petit. Marabu, fabricant d'encres, en formule pour les plastiques difficiles comme le polyéthylène et le polypropylène, ceux des stylos et des gourdes souples. Elle refuse les grandes surfaces et les dégradés. Un cliché par couleur.

Gravure laser
Le laser enlève ou transforme la matière, sans encre. Il y a 2 lasers. Le laser fibre est fait pour les métaux et les métaux revêtus. Le laser CO2, pour le bois, l'acrylique, le verre, le papier, le cuir. Sur l'inox, le fabricant de machines Trotec décrit 3 résultats possibles : le recuit (un marquage sombre, la surface reste lisse), la gravure (un creux, le plus durable), ou le retrait d'une couche colorée. Sur un aluminium anodisé, le trait ressort clair sous la couleur. Sur le verre, l'effet est mat et givré, et un verre pressé se grave mieux qu'un cristal soufflé, qui peut se fendre. Sur le bois, les essences dures donnent un trait foncé, les tendres un trait clair. Ce que le laser refuse : la couleur. Toutes. Ce qu'il offre en échange : aucun frais fixe, et un nom différent sur chaque pièce.

Broderie
Du fil dans le tissu. Polo, veste, casquette, softshell : tout ce qui se porte longtemps. Elle refuse les tissus fins (ça fronce), les dégradés et les petites lettres : Madeira, fabricant de fils, donne 6 à 7 mm de haut au minimum avec un fil standard, 3 mm avec un fil fin. Un frais fixe une fois, le programme de broderie, puis le prix se calcule au nombre de points, quel que soit le nombre de couleurs.

Transfert
Le visuel est imprimé sur un film, puis posé sur l'objet à chaud. Le transfert DTF sur textile accepte les photos, les dégradés et les fonds foncés grâce à une encre blanche de soutien, sur presque tous les tissus. Il refuse l'abrasion : c'est une couche posée en surface. Sa cousine, la sublimation, fait l'inverse : l'encre passe à l'état de gaz sous la chaleur et entre dans la fibre, sans relief ni craquelure. Mais elle ne prend que sur du polyester ou une surface à revêtement polymère : un mug prévu pour, un maillot, un lanyard. Jamais un coton.

Marquage à chaud
Un film métallisé ou pigmenté, une matrice chauffée, de la pression : le motif se transfère sur le plastique, le cuir, le papier. La dorure d'un carnet, le logo à sec sur un porte-cartes, le filet d'un coffret : un rendu qu'aucune encre n'imite. Il refuse les dégradés et les détails très fins. Une matrice, un film, une teinte.

Impression numérique UV
Une tête d'impression dépose l'encre directement sur l'objet et une lampe UV la fige. En quadri, avec du blanc de soutien sur les fonds foncés. Elle aime les surfaces planes : stylos, coques, plaques, boîtes. Roland, qui fabrique ces machines, tolère au plus 2 mm de différence de hauteur sur la zone imprimée. Elle refuse donc ce qui est vraiment courbe. Et comme toute encre posée dessus, elle s'use là où on frotte.

3. Couleurs, dégradés, logos complexes : ce qui passe

Une couleur, c'est une encre.
En sérigraphie, en tampographie, en marquage à chaud, votre bleu est une encre mélangée pour être ce bleu. Pantone décrit le principe : chaque teinte « ton direct » est mélangée selon sa propre formule à partir de 18 encres de base, sans trame. C'est la couleur la plus fidèle qu'on puisse obtenir. Donnez la référence Pantone, pas « bleu marine ».

Un dégradé, c'est de la quadri.
Photo, dégradé, logo à 6 couleurs : impression UV, transfert DTF ou sublimation, qui recomposent la couleur avec 4 encres tramées. Le même Pantone prévient que certaines teintes sont hors de la gamme de la quadri et ressortiront très différentes. Un logo monochrome se marque partout. Un logo en dégradé, sur 3 techniques. Le détail se joue sur le bon à tirer, c'est le sujet de notre article sur Pantone et la couleur.

Ton direct : 1 encre mélangée, un aplat plein. Quadri : 4 encres tramées, des points qui se mélangent à l'œil.
Ton direct : 1 encre mélangée, un aplat plein. Quadri : 4 encres tramées, des points qui se mélangent à l'œil. Certaines teintes n'existent pas en quadri.

Le laser ne connaît pas votre charte.
Il grave dans la couleur de la matière : gris sur l'inox, argent sous une laque ou un anodisé, blanc sur le verre, brun sur le bois. Le logo blanc attendu sur une gourde noire ressort argent. Celui qui attend « son » bleu sera déçu. Celui qui attend un logo qui ne partira jamais sera servi.

Votre bleu, gravé, est gris.
Votre bleu, gravé, est gris.

Les détails fins ont un plancher.
Broderie : 3 mm par lettre avec un fil fin. Tampographie et laser tiennent des traits très fins, sérigraphie et marquage à chaud moins. Un logo conçu pour un écran, posé sur 25 mm de large, perd sa signature. Nous préparons alors une version « petit format », sans le texte, avant même le devis.

4. Coût et délai : ce que la technique change

Le prix d'un marquage se lit en 2 lignes : un frais fixe (l'outillage, par couleur et par emplacement) et un coût par pièce. Toute la logique du volume est là.

TechniqueFrais fixePetite série (moins de 50)Volume (plusieurs centaines)Nominatif (un nom par pièce)
Gravure laserAucun★★★★★☆Oui, sans surcoût
Impression UVAucun★★★★★☆Oui
Transfert, sublimationFaible★★★★★☆Oui
TampographieUn cliché par couleur★★☆★★★Non
SérigraphieUn écran par couleur★☆☆★★★Non
Marquage à chaudUne matrice★★☆★★★Non
BroderieUn programme, une fois★★☆★★☆Oui, en petit

Sur 20 pièces, un logo 3 couleurs en sérigraphie coûte surtout ses 3 écrans : on passe en transfert ou en UV, ou on simplifie le logo en 1 couleur. Sur 2 000 pièces, l'écran est amorti et la sérigraphie redevient la moins chère à la pièce.

Un logo 3 couleurs en sérigraphie, c'est 3 écrans, payés 3 fois, que la série fasse 30 ou 3 000 pièces.
Un logo 3 couleurs en sérigraphie, c'est 3 écrans, payés 3 fois, que la série fasse 30 ou 3 000 pièces.

Le réassort est l'autre piège. Un programme de broderie se garde : vos 3 polos de nouveaux arrivants ne repaient pas l'outillage. Un écran de sérigraphie, en général, se refait. Sur un vestiaire réassorti plusieurs fois par an, ce détail pèse plus que le prix unitaire du premier devis.

Côté délai, comptez 3 à 6 semaines de la première discussion à la livraison, bon à tirer compris, et 1 à 3 semaines pour un réassort d'une pièce déjà produite. Une date de salon ne bouge pas : c'est elle qui décide de la technique, pas l'inverse.

5. Les erreurs qu'on voit passer, et comment les éviter

Le logo en JPEG pris sur le site.
Un fichier d'écran est fait de pixels. Un marquage a besoin d'un tracé vectoriel (AI, EPS, SVG, PDF vectoriel). Sans lui, le trait est flou à 40 mm et l'atelier redessine votre logo. Demandez-le à votre agence : il existe.

Le logo qui déborde de la zone de marquage.
Chaque objet a une zone utile, mesurée en millimètres sur la fiche fournisseur : une bande étroite sur un stylo, un rectangle sur une gourde, un carré sur un carnet. Le logo qu'on agrandit « pour qu'il se voie » dépasse la zone ou traverse une arête. Laurent le dit sans détour : un bon stylo, c'est d'abord une belle surface de marquage. Il en fait un critère de sélection avant le prix.

La zone de marquage d'un stylo : une bande étroite, mesurée en millimètres sur la fiche fournisseur.
La zone de marquage d'un stylo : une bande étroite, mesurée en millimètres sur la fiche fournisseur. Le logo s'y adapte, jamais l'inverse.

La technique choisie sur photo.
Une gourde gravée et une gourde sérigraphiée se ressemblent en vitrine. Au fond d'un sac, au lave-vaisselle, après des mois, non. Dites-nous l'usage réel, on choisit ce qui tient. Et si l'objet ou la teinte sont nouveaux, un échantillon marqué avant la série lève le doute.

« Le même bleu que sur le site ».
Un écran est rétroéclairé, une encre ne l'est pas. Sans référence Pantone, chaque atelier interprète. Avec, on sait ce qu'on vise, y compris quand la quadri ne peut pas l'atteindre.

Le bon à tirer validé pour la forme.
Le BAT porte l'emplacement, les dimensions en millimètres, la technique, les couleurs. C'est là que Zora regarde. Un industriel de plusieurs centaines de salariés nous confie chaque année ses médailles du travail, personnalisées pour chaque récipiendaire : elle relit le BAT ligne à ligne avant le lancement, parce qu'une médaille ne se refait pas le jour de la remise. Ce contrôle vaut pour 1 pièce comme pour 1 000.

6. La check-list avant de valider le marquage

  • Le matériau exact de l'objet est connu (inox nu ou laqué, ABS ou polypropylène, coton ou polyester).
  • La zone de marquage est mesurée, en millimètres, sur la fiche du produit.
  • Le logo existe en fichier vectoriel, et en version monochrome.
  • Le nombre de couleurs du logo est compté, dégradés compris.
  • Les références Pantone sont fournies à l'atelier.
  • L'usage réel est écrit : lavage, frottement, extérieur, contact alimentaire.
  • La quantité et le rythme de réassort sont connus avant de choisir la technique.
  • Le rendu de la technique est accepté : gris du laser, relief de la broderie, brillance de la dorure.
  • Un échantillon marqué a été demandé si l'objet ou la teinte sont nouveaux.
  • Le bon à tirer indique emplacement, dimensions, technique, couleurs, et il est signé.

Un objet à marquer, et un doute sur la technique ?

Envoyez-nous le logo, dites-nous l'objet, la quantité et l'usage. On revient avec la technique qui tient, le rendu à attendre et un échantillon si besoin.

Parlez-nous de votre projet →

Pour aller plus loin : Textile personnalisé · Mugs, gourdes et vaisselle · Stylos et écriture · Trophées et médailles · Bien choisir votre textile personnalisé · Notre engagement