Une power bank offerte se juge un mardi soir, sur un quai de gare, quand le téléphone affiche 6 %. C'est le seul objet média dont la promesse est imprimée en gros sur la coque. Le chiffre est rarement faux, rarement celui que vous offrez non plus.
Une power bank offerte se juge un mardi soir, sur un quai de gare, quand le téléphone affiche 6 %. Si elle recharge, votre nom est sauvé avec lui. Si elle rend l'âme à mi-chemin, votre nom reste dessus aussi. C'est le seul objet média dont la promesse est imprimée en gros sur la coque : « 10 000 mAh ».
Le chiffre est rarement faux. Il est rarement celui que vous offrez non plus. La bonne nouvelle, c'est que tout se lit sur la fiche produit avant la commande : capacité réelle, documents de conformité, règle des 100 Wh en avion, zone de marquage, connectique. Voici comment nous lisons une fiche d'objet tech à l'atelier, et la check-list avant de commander.
Le chiffre sur la coque mesure la cellule, pas ce qui sort de la prise. Une cellule lithium travaille autour de 3,7 V. Un port USB délivre 5 V, ou plus en charge rapide. Entre les 2, un circuit élève la tension, et il chauffe en le faisant. Le fabricant Anker chiffre ce rendement à 80 à 85 %, avant même la perte côté téléphone.
Faites le calcul en Wh, pas en mAh.
C'est l'unité qui ne ment pas, celle que l'IATA impose sur le boîtier de toute batterie lithium-ion : Wh = Ah × V. Une power bank « 10 000 mAh » stocke 10 × 3,7 = 37 Wh. À 5 V, ces 37 Wh valent 7 400 mAh sur le papier. Avec un rendement de 82 %, il en sort environ 6 000. C'est cette valeur, la capacité restituée, qui recharge le téléphone du destinataire. Divisez-la par la capacité de son téléphone (elle est dans les réglages) : vous avez le nombre de charges réel.

Sur une fiche produit sérieuse, on cherche dans l'ordre :
Prenez une fiche réelle. Chez midocean, le chargeur magnétique PAWTT annonce 5 000 mAh, une sortie 9 V / 1,66 A, la charge rapide 20 W et l'induction 15 W. La capacité est petite, mais lisible. À côté, la power bank solaire en bambou affiche 4 000 mAh et 2 sorties 5 V / 1 A. Le panneau solaire est un appoint, pas une source.
L'erreur classique : comparer 2 fiches sur les mAh seuls. 2 « 10 000 » peuvent restituer des capacités différentes, et la moins chère est rarement la plus honnête.
Le marquage CE n'est pas un label décerné par un organisme. La DGCCRF le dit en une phrase : c'est l'engagement du fabricant sur la conformité de son produit, et « le marquage CE n'est pas une marque de certification ». Le document qui l'accompagne s'appelle la déclaration UE de conformité : le fabricant y engage sa responsabilité, et doit la conserver 10 ans.
Pour une batterie, 2 rapports d'essai comptent davantage que le logo :
Le règlement européen sur les batteries ajoute ses propres marquages : le symbole de collecte séparée sur toute batterie depuis le 18 août 2025, et un code QR à partir du 18 février 2027.
Un fournisseur sérieux met tout ça sur la fiche. La référence PAWTT citée plus haut liste, en téléchargement, la déclaration de conformité, la notice, et les rapports RoHS, CEM, basse tension, radio, batterie et UN 38.3. Quand une fiche n'a rien de tout ça, honnêtement, Laurent ne fait pas le devis. Les rapports d'abord, le prix ensuite.

Depuis un addendum de l'OACI du 27 mars 2026, repris par l'IATA, un passager est limité à 2 power banks de 100 Wh maximum, en cabine uniquement, sans les recharger à bord ni les ranger dans les coffres à bagages. La tolérance de 100 à 160 Wh avec accord de la compagnie existe encore, Air France l'applique sur demande préalable, mais l'IATA annonce qu'elle ne sera pas reconduite dans son édition 2027. L'EASA va dans le même sens : la power bank se garde sur soi, jamais en soute, et ne sert pas à recharger pendant le vol.
| Capacité annoncée | Énergie (à 3,7 V) | En cabine |
|---|---|---|
| 5 000 mAh | 18,5 Wh | ★★★ sans formalité |
| 10 000 mAh | 37 Wh | ★★★ sans formalité |
| 20 000 mAh | 74 Wh | ★★★ sans formalité |
| 27 000 mAh | 100 Wh | ★★☆ la limite |
| Au-delà | plus de 100 Wh | ★☆☆ accord préalable, en voie de disparition |
Ce que ça change sur un cadeau client : restez sous 100 Wh, et vérifiez que les Wh sont imprimés sur la coque. Un agent d'embarquement qui ne peut pas lire la valeur peut refuser la batterie, l'IATA le prévoit noir sur blanc.

| Surface | Technique | Rendu | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Aluminium anodisé | Gravure laser | Marquage clair, permanent, sans consommable (Trotec) | Monochrome : le logo se lit en ton clair sur la couleur de la coque |
| Plastique ABS, polycarbonate | Laser fibre ou impression | Marquage laser « résistant à l'abrasion et à la corrosion » (Trotec) | L'impression quadri rend les couleurs, le laser rend la durée |
Les fiches donnent les zones au millimètre : 20 × 20 mm sur l'adaptateur GaN de Xoopar, 15 × 15 mm sur son câble 100 W. En 15 mm, un logo est un symbole ou un mot court, pas une signature. Sur une power bank, la face avant reçoit le logo. Le dos porte le CE, les Wh et le symbole de collecte. On ne les recouvre pas.
Avant le lancement, Zora vérifie le bon à tirer sur la fiche de l'objet, pas sur un rectangle vide : le logo tient dans la zone, ne mord pas sur les mentions, et se lit dans le bon sens une fois la power bank aimantée au dos du téléphone.

Une batterie vieillit de 2 façons : en cycles et en stockage. Sur les cycles, la chimie décide. Sur le stockage, c'est vous. Battery University, la référence du fabricant d'analyseurs Cadex, mesure ce qu'une cellule lithium-ion conserve après 1 an : stockée à 25 °C, 96 % de sa capacité si elle était chargée à 40 %, 80 % si elle était pleine. À 40 °C, l'écart se creuse : 85 % contre 65 %.
Un welcome pack préparé en avance attend dans une armoire. On ne stocke ni pleine, ni à côté d'un radiateur. Une power bank livrée à moitié chargée, c'est la bonne pratique.

La connectique vieillit plus vite que la batterie.
Depuis le 28 décembre 2024, la directive chargeur universel impose le port USB-C aux téléphones, tablettes, écouteurs et enceintes vendus neufs en Europe, et aux ordinateurs portables depuis avril 2026. Le texte va plus loin : au-delà de 15 W, la charge rapide passe par le protocole USB Power Delivery. Une power bank à port micro-USB, ou « compatible charge rapide » sans PD, est déjà d'hier. Sur l'induction, le standard s'appelle Qi2 : 15 W, alignement magnétique, et seuls les produits certifiés portent le logo.
Laurent le voit dans les commandes : « On vend énormément de câbles de charge et de power banks. Ce qui se fait maintenant, c'est les chargeurs à induction magnétique. » Une power bank de 5 000 mAh aimantée au dos du téléphone sort tous les jours. Une brique de 20 000 mAh reste au tiroir, parce qu'elle pèse.
Pour les enceintes et les écouteurs, le règlement batteries prévoit qu'à partir du 18 février 2027, un produit qui embarque une batterie portable doit permettre à l'utilisateur de la retirer et de la remplacer.
| Objet | Pourquoi ça marche | Ce qu'on vérifie | Usage quotidien |
|---|---|---|---|
| Power bank magnétique 5 000 mAh | Vit sur le téléphone, s'oublie dans la poche | Wh sur la coque, rapports IEC 62133-2 et UN 38.3, USB-C, PD | ★★★ |
| Câble USB-C 100 W | Un seul câble pour le téléphone et l'ordinateur | Au-delà de 60 W, l'USB-IF n'admet que 2 mentions, 60 W ou 240 W, et une puce dans la prise | ★★★ |
| Adaptateur secteur GaN 65 W | Tient dans une poche de veste, charge un portable | Marquage CE et déclaration UE : c'est branché sur le secteur | ★★★ |
| Enceinte Bluetooth | Bureau, salle de réunion, terrasse | Autonomie annoncée en heures, batterie remplaçable, surface gravable | ★★☆ |
| Écouteurs Bluetooth | Objet intime, donc fort s'il est bon | Appairage, étui qui charge vraiment, finition au niveau du téléphone qu'ils rejoignent | ★★☆ |
Ce que nous écartons, sans regret :
L'honnêteté vaut aussi pour l'origine : la quasi-totalité des objets tech est fabriquée en Asie, et les fiches le disent. Ce que vous pouvez exiger, c'est un fabricant identifié, des rapports d'essai à son nom, et un fournisseur européen qui répond de la conformité. Nous le vérifions référence par référence.
Dites-nous qui le reçoit, dans quel contexte et pour combien de pièces. On revient avec 2 ou 3 références lisibles, leurs rapports d'essai et un échantillon marqué.
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